Poids lourds

Parmi les grands thèmes de sécurité routière qui préoccupent le citoyen, la présence des poids lourds dans la circulation, est récurrente.

Les longs véhicules comme les camions, ont un angle mort qui empêche le conducteur de voir les autres usagers de la route situés dans certaines zones. Ce problème est particulièrement  dangereux pour les usagers les plus vulnérables.  L’accident dû à l’angle mort se produit souvent dans les mêmes circonstances : un camion qui tourne à droite  heurte un piéton qui traverse ou un cycliste se trouvant à sa droite et qui, lui, continue tout droit.

Des dispositifs techniques sur le véhicule et une sensibilisation des usagers peuvent réduire la probabilité que ce type d’accident se produise.

En outre, une réflexion est en cours sur les possibilités d’aménagement d’aires de réglage des rétroviseurs, annexées à certaines aires de stationnement.  Des tests ont été réalisés, par exemple, avec les VLL (véhicules plus longs et plus lourds, aussi appelés « Ecocombis ») avant d’autoriser leur mise en circulation.

Plus régulièrement, sur le terrain, diverses actions sont menées, des décisions sont prises qui ont un impact sur la cohabitation des poids lourds et des autres usagers.

Lorsqu’il traite une voirie qui a une fonction de transit, le SPW Mobilité et Infrastructures privilégie les aménagements qui favorisent le passage des poids lourds : la largeur des voiries est adaptée,  les possibilités de demi-tour sont prises en compte,…

Dans d’autres contextes, au contraire, il peut s’avérer nécessaire de fixer des interdictions de circuler, d’après des limites de tonnage, en tenant compte de l’impact prévisible sur les voiries avoisinantes.

Enfin, toute la problématique du transport exceptionnel entre également dans les compétences du SPW Mobilité et Infrastructures et répond aussi à un enjeu de sécurité routière.  Une autorisation de circulation est requise pour les véhicules qui excèdent au moins une des dimensions suivantes :

  • Longueur :
    • véhicule unique : 12 m
    • tracteur + semi-remorque : 16,50 m
    • camion + remorque : 18,75 m
  • Largeur : 2,55 m
  • Hauteur : 4,00 m
  • Masse : 44 T pour les combinaisons à 5 essieux
  • Dépassement arrière : 3,00 m

Qu'est ce qu'un transport exceptionnel ?

Un véhicule exceptionnel est un véhicule automobile, une remorque ou un train de véhicules qui par sa construction ou par sa charge indivisible dépasse les limites de masse ou de dimensions fixées dans le Code la route et le Règlement technique des véhicules.

Ces véhicules peuvent circuler sur la voie publique moyennant une autorisation de transport exceptionnel. Cette dernière fixe, en complément de la réglementation spécifique aux transports exceptionnels, les itinéraires et autres prescriptions en vue de préserver les infrastructures, d'assurer la sécurité routière ainsi que la fluidité de la circulation. L'autorisation est assortie d'une redevance indexées pouvant aller de 117 à 222 € en fonction des gabarits et de la masse du véhicule exceptionnel.

Une coordination interrégionale

Un protocole d'accord interrégional et un Comité de concertation interrégionale sur le transport exceptionnel et sur d'autres questions liées au transport non conventionnel ont été établis. Ils organisent les interactions nécessaires entre les régions en matière de transport exceptionnel et permettent ainsi une approche harmonisée entre les 3 régions.

Le transport exceptionnel indispensable à l'activité économique

La production de biens étant sans cesse plus rapide, meilleure marché et de qualité croissante, le transport exceptionnel s'avère indispensable, d'autrant plus que la Wallonie constitue une région de transit. Par exemple, les pièces de ponts, d'avion ou les turbines des éoliennes nécessitent ce type de transport.

L'accompagnement de véhicules exceptionnels

En 2010, une législation fédérale prévoit l'accompagnement des véhicules exceptionnels par des opérateurs privés et plus par la Police. Il peut y avoir en fonction des gabarits jusqu'à 3 véhicules accompagnateurs.

L'escorte policière reste, cependant, obligatoire pour :

  • rouler à contresens de la circulation sur les voies publiques où la vitesse maximale autorisée est supérieure à 70km/h ;
  • franchir l'ouverture dans la berne centrale d'une autoroute ou d'une 2X2 bandes.

 

Les systèmes de pesage

Le SPW mène une politique répressive à l’encontre des véhicules en surcharge pour 3 raisons principales : diminuer la détérioration de l’infrastructure routière, lutter contre la concurrence déloyale et renforcer la sécurité routière.

Pour agir, il dispose d’un réseau de pèse-essieux fixes le long des autoroutes et d’équipements de pesage mobile permettant de peser les véhicules interceptés.

Il a également pour objectif la mise au point d’un dispositif de pesage en marche des véhicules qui devrait permettre à court terme la mise en place d’un système de contrôle sanction automatique des surcharges sans interception. Des véhicules trop lourds pourraient ainsi être « flashés » lorsque leurs charges à l’essieu ou leurs poids totaux dépasseraient les maximas autorisés.

Ces stations de pesage se basent sur un dispositif piézoélectrique innovant surnommé WIM (Weight in motion).

Au nombre de cinq (Courrière, Habay-la-Neuve, Milmort, Saint-Ghislain et Louvain-la-Neuve), ces stations, équipées entre autres de caméras et d’un matériel de technologie de pointe, permettent de détecter les poids lourds en surcharge grâce à des capteurs installés dans le revêtement de nos autoroutes.

Lorsqu’un poids lourd franchit le portique, les informations recueillies (poids, hauteur, vitesse, longueur, dépassement interdit, immatriculation) sont transmises à un serveur du SPW MI et à la Police.

Sur le terrain, la police domaniale et/ou la police fédérale ont accès à ces données grâce à une interface web. La police, située en aval du portique, reçoit ces informations sur une tablette et peut ainsi intercepter les camions pour les escorter vers la station statique la plus proche, les peser et dresser les amendes si ces derniers sont en surcharge.

À terme, l’objectif est la verbalisation automatique des contrevenants, mais en attendant leur homologation, ils sont utilisés pour la présélection des véhicules et ils permettent de cibler l’interception des véhicules en surcharge et leur pesage légal avec une station de pesage statique se trouvant en aval sur un parking autoroutier.