2025, année de stabilité pour le transport fluvial wallon
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- February 9, 2026
D’après les statistiques collectées par le SPW Mobilité et Infrastructures (SPW MI), près de 31 millions de tonnes (Mt) de marchandises ont été transportées en 2025 sur les 450 kilomètres du réseau navigable accessibles aux bateaux de grand gabarit.
En ce début d’année, le SPW MI a publié son rapport annuel sur la navigation commerciale et de plaisance en Wallonie. Les données, extraites des permis de circulation des bateaux ayant circulé sur le réseau wallon, permettent de connaitre l’évolution quantitative du trafic, la nature des marchandises transportées ou encore les caractéristiques de la flotte pour l'année 2025.
Globalement, 30,96 Mt de marchandises ont été enregistrées durant l’année 2025. En raison de la cyberattaque subie par le SPW en avril 2025, ce chiffre se situe en-deçà du volume de marchandises réellement transporté sur le réseau fluvial wallon.
L’impact de cette cyberattaque est estimé à 750.000 tonnes, rapprochant le résultat à quelques encâblures des 32,28 Mt enregistrés en 2024. Les chiffres suivants ne tiennent pas compte de cette période d’interruption.
Le rapport complet est consultable.
Stabilisation du trafic marchand
Avec 49.395 voyages sur les 54.866 voyages enregistrés au niveau wallon, le transport de marchandises est, de loin, le principal utilisateur du réseau navigable (90,03 %). La navigation de plaisance et le trafic lié aux bateaux à passagers ont totalisé, respectivement, 4.469 et 1.002 voyages.
Au niveau du transport marchand, le tonnage total transporté en 2025 sur les voies navigables wallonnes s’élève à 30,96 Mt, soit une diminution de 4,1% par rapport à l’année précédente (-1,8 % si on prend en compte l’impact estimé de la cyberattaque). Si ce trafic, totalisant 1.244 millions de tonnes-kilomètres, représente une part modale de 2,6 %, il conserve néanmoins toute sa pertinence, notamment en soulageant un réseau routier wallon proche de la saturation. En effet, pour arriver à transporter autant de marchandises sur la route, il faudrait mobiliser, quotidiennement, plus de 3.400 camions supplémentaires (et autant de chauffeurs) soit, mis bout à bout, une file de près de 64 km.
L’analyse mensuelle du trafic global pour l’année 2025 permet d’identifier une réalité très contrastée. Alors que l’année a débuté sous des auspices défavorables, la situation s’est progressivement redressée au fil des mois. Il est plus que probable que la situation aurait été plus favorable si la navigation n’avait pas dû être interrompue durant près de 6 mois sur la partie centrale du réseau, à hauteur du pont autoroutier d’Houdeng qui, pour rappel, s’était effondré de manière incontrôlée lors d’un chantier.
L’interruption de près de 3 semaines au niveau de l’écluse d’Andenne-Seilles, une des plus fréquentées du réseau, a également eu un impact notable sur le transport fluvial dans la région namuroise.
Changements structurels du trafic
Les exportations (9,99 Mt en 2025 vs 11,03 Mt en 2024) et les importations (7,69 Mt en 2025 vs 7,86 Mt en 2024) ont poursuivi leur diminution l’année dernière, reflétant les changements qui s’opèrent dans le secteur industriel en Wallonie. Le trafic de transit (11,46 Mt en 2025 vs 10,90 Mt en 2024), représentant un tiers du trafic total, augmente de 5,2 %, illustrant bien l’importance du réseau wallon dans les échanges continentaux.
Diversification des marchandises transportées
Les produits carriers (-9,60 %), les produits agricoles (+5,5 %) et les produits métallurgiques (-0,01 %) dominent toujours le trafic, représentant deux tiers du total des marchandises transportées par la voie d’eau. Les engrais et les produits pétroliers viennent compléter le top 5.
Après plusieurs années de diminution parfois marquée, le trafic des produits pétroliers semble se stabiliser. Il serait toutefois prématuré d’y voir un changement de tendance : la baisse observée depuis 2016 s’inscrit clairement dans une dynamique structurelle, en lien avec les évolutions de la stratégie énergétique. La catégorie des « divers », est principalement composée de conteneurs. Ce trafic, malgré ces dernières années mitigées, reste globalement dynamique. Cela s’explique notamment par le développement des terminaux intermodaux situés en bord de voie navigable qui, avec une offre de transport combiné (train – bateau - camion), favorisent ces flux conteneurisés.
Caractéristiques de la flotte
Le tonnage moyen par bateau chargé a légèrement augmenté, atteignant 1.080 tonnes, soit une hausse de 13 tonnes par rapport à l’an dernier. Cette progression s’inscrit dans une tendance de fond particulièrement marquée. En effet, sur la dernière décennie, le tonnage moyen a augmenté d’environ 120 tonnes, reflet clair des effets de la modernisation du réseau et de l’utilisation croissante de bateaux de plus grande capacité.
Perspectives pour l’avenir
Globalement, ces statistiques enregistrées pour l’année dernière ne remettent pas en question la pertinence du transport fluvial en tant qu’alternative fiable à la route. Les investissements qui sont réalisés à l’heure actuelle sur le réseau navigable comme le rehaussement des ponts du canal Albert, avec possibilité de passer d’une hauteur de 3 à 4 couches de conteneurs, permettront d’améliorer l’attractivité du réseau navigable avec l’objectif d’augmenter la part modale du transport fluvial, moins polluant à la tonne transportée et bénéfique en termes de sécurité routière.
Contact médias : Sarah PIERRE | Porte-parole du SPW Mobilité et Infrastructures | +32 479 865 896